Quel avenir pour Julian Assange?

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Julian Assange n’a pas manqué d’afficher sa joie sur son compte Twitter après la décision de la justice suédoise d’abandonner les poursuites pour viol à son encontre.

Julian Assange/Twitter

Le fondateur de Wikileaks n’est plus accusé de viol par la justice suédoise mais reste sous le coup d’une inculpation en Grande-Bretagne, qui ne veut pas le laisser partir.

Julian Assange va-t-il pouvoir quitter le minuscule bureau où il est confiné à l’ambassade d’Equateur à Londres depuis près de cinq ans? Contre l’avis de la plaignante, très "choquée" dit-elle par la décision des autorités de son pays, la Suède a abandonné les poursuites pour viol qui lui valent un mandat d’arrêt européen depuis 2010 – et qu’il a toujours contesté, parlant de "relations sexuelles consenties".

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D’où cette question, qui court sur tous les réseaux sociaux depuis que la nouvelle est tombée: cela signifie-t-il que le très controversé fondateur de Wikileaks va recouvrer sa liberté, sans crainte d’une arrestation dont il a peur, sans doute à juste titre, qu’elle ne le mène directement dans une geôle aux Etats-Unis? Là où, Jeff Session, le ministre de la Justice de Donald Trump, l’a encore répété récemment, on ne rêve que de le passer en jugement pour espionnage…

Le libérer? Les autorités britanniques ne l’entendent pas de cette oreille. Comme l’a tweeté le compte officiel de Wikileaks, elles ont d’ores et déjà indiqué que, poursuivi pour avoir violé son assignation à résidence, signifiée quelques mois après sa mise en accusation en Suède, Julian Assange serait arrêté dès qu’il poserait un pied hors de l’ambassade où il est réfugié.

La preuve s’il en fallait une, selon l’un de ses nombreux avocats, Me Juan Branco, que "la question est strictement politique et non judiciaire".

Comme les autres proches du fugitif australien, ce candidat de la France insoumise aux prochaines législatives dit pourtant avoir été "surpris" par la précipitation de la procureure suédoise chargée du dossier. Tous prévoyaient que Marianne Ny allait de nouveau trouver un subterfuge pour prolonger sa plainte, sur laquelle elle était tenue de trancher avant ce vendredi.

Le parquet suédois n’a pas abandonné pour autant tout espoir de juger un jour Julian Assange. S’il a classé le dossier, c’est pour des raisons pratiques et financières, mais il pourrait être rouvert si l’accusé venait à fouler le sol suédois avant la date de la prescription, en 2020. D’aucuns soupçonnent même les autorités de Stockholm de préférer un fugitif se promenant en liberté qu’inaccessible entre les murs d’une ambassade amie.

En novembre dernier, un procureur équatorien avait, pour la première fois, interrogé Julian Assange sur son dossier en présence d’un magistrat suédois. Quelques mois plus tôt, un comité d’experts mandaté par l’Onu s’était prononcé en faveur de sa libération et avait condamné la Grande Bretagne et la Suède pour "détention illégale".

Ces deux événements ont-ils poussé la Suède à mettre fin à une situation qui "devenait intenable", selon les mots de Juan Branco? Et pousseront-ils la France à accorder à son client un asile politique que François Hollande lui a toujours refusé, maintenant qu’il n’y a plus de raison juridique de le refuser?

Officiellement, Julian Assange ne le demande pas. Mais son comité de soutien met déjà la pression à ce sujet sur Emmanuel Macron.

Pour le moment, Julian Assange se contente, de son côté, de savourer l’une de ses rares bonnes nouvelles des cinq dernières années. Et affiche sur son compte Twitter un sourire à la mesure de la joie que ressentent à cette heure Juan Branco et ses soutiens: "immense!"